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Le plan de travail en grande section

Dans notre classe unique maternelle, les grandes sections commencent la matinée par une plage d’ateliers autonomes. La passation de consignes, un peu particulière, s’effectue autour d’un plan de travail qui leur est dédié.

  1. Qu’est-ce que c’est ?
  2. Pourquoi ?
  3. Mise en œuvre
  4. Exemple à la loupe
  5. Les brevets

1. Qu’est-ce que c’est ?

Il en existe de différentes formes, inspirées de la pédagogie Freinet. Dans notre classe, le plan de travail représente les différentes activités à réaliser sur le début de matinée. Les grandes sections en choisissent une par jour . Il ne peut y avoir plus de deux élèves par activité. Le plan de travail est renouvelé quand tout le monde a participé au moins une fois à toutes les activités.

Il s’agit d’un tableau ou figurent :

  • les activités
  • la liste des élèves
  • le casier où trouver le matériel, symbolisé par une gommette de couleur
  • les brevets éventuels
  • les étoiles pour noter le niveau atteint par l’enfant et lui permettre d’améliorer son travail lors d’une autre inscription.

Il faut avoir déjà une certaine culture scolaire pour utiliser un tel plan de travail. Je ne le propose qu’à mes élèves de grande section.

2. Pourquoi ?

Le plan de travail donne une certaine autonomie à l’élève qui choisit son activité. Bien sur, le premier à s’inscrire a plus de choix que le dernier mais c’est, chaque jour, un nouvel élève qui démarre l’inscription. Les enfants vont chercher leur matériel, s’installent dans l’espace des grandes sections, sur une table ou par terre sur un tapis.
Le temps de travail s’adapte aux élèves.
Des élèves peuvent passer plus de temps que d’autres sur une même activité.  Les grandes sections rejoignent la vie de la classe lorsqu’ils ont terminé leur travail, quel qu’en soit le moment.

La représentation des activités permet à l’enfant d’y réfléchir et de se projeter. Il quitte le « faire » caractéristique de la petite enfance pour le « penser » qui lui servira toute sa scolarité.
Le travail par deux est particulièrement riche. Il génère beaucoup d’échanges et de rencontres avec parfois des duos inédits. Il me permet aussi d’investir moins en quantité dans le matériel.  Il ne faut qu’une seule tablette ou qu’un seul casse-tête par exemple. Ce qui permet d’avoir une plus grande diversité de matériel à proposer aux élèves. 
Je peux suivre précisément le parcours des élèves pour les aider éventuellement lors d’une nouvelle inscription.

3. Mise en œuvre

Les élèves de GS sont réunis à leur table, durant l’accueil du matin. Enfin, pas seulement les grands ! Sur cette photo il y a 6 GS et 6 petits curieux de petite et moyenne sections. Pendant que les autres jouent, lisent, échangent dans la classe sans nous déranger. Certains PS/MS aiment à observer ce qui se passe chez « les grands ». Ils apprennent beaucoup tant au niveau du langage scolaire que de la mise en perspective des apprentissages.

L’élève de service présente les ateliers.
Ce temps d’échange peut s’enrichir d’un bref bilan de ce qui a été fait la veille, des problèmes rencontrés et des ajustements à faire quand un atelier a connu quelques ratés.
Il coche l’activité qu’il a choisie et passe le plan de travail à son voisin qui s’inscrit à son tour. Dans un premier temps, je leur demande de s’inscrire sur une activité qu’ils n’ont pas encore faite. Quand toutes les activités ont été réalisées par tout le monde, je propose un tour ou deux d’ateliers du plan de travail pour leur permettre de progresser.
Je change la couleur des croix tracées sur le plan de travail tous les jours. Je vois ainsi facilement quand un atelier a déjà été pris par deux enfants, il a deux croix rouges par exemple. Les autres doivent alors s’inscrire ailleurs.
Chacun part faire son travail en autonomie
,  je peux alors m’occuper des petite et moyenne sections.
Les GS rejoignent le reste de la classe lorsqu’ils ont terminé.

4. Exemple à la loupe

Il s’agit pour cette semaine de juin de quatre ateliers échelonnés.

Premier atelier : Lecture avec « Dictée Montessori » 

Elle donne aux élèves l’occasion de réinvestir et dépasser leurs connaissances en lecture (bien avancées cette année !) En fonction de leur utilisation des aides, ils copient des mots ou les encodent. (Plus d’infos sur l’article « Tablette : atelier échelonné de lecture »)

Deuxième atelier : Écriture

Le dispositif est tout simple : chaque ligne représente un palier. Certains enfant écrivent deux mots et leur prénom – le niveau 2 – d’autres vont plus loin.

Troisième atelier : Réfléchir

Il s’agit de résoudre des casse-tête qui demandent à l’enfant de se repérer dans l’espace, d’anticiper, de réfléchir.

Quatrième atelier : Principe alphabétique

Trois niveaux de difficulté sont proposés dans ce coloriage extrait de l’Abécédaire à construire. Ils affinent leur connaissance des différentes graphie d’une même lettre.

5. Les brevets

Des ateliers du plan de travail proposent des brevets. Les enfants ont l’habitude de les utiliser dans ma classe.
L’élève démarre son activité en notant son prénom sur le brevet et y note ses réussites au fur et à mesure. Quand je le peux, je leur demande de me faire la preuve de leur réussite en réalisant par exemple un casse-tête sous mes yeux.